L’autoconsommation désormais éligible pour les installations de plus de 500 kWc
Jusqu’à présent, les entreprises qui souhaitaient valoriser leurs grandes toitures solaires devaient choisir entre deux approches distinctes :
- vendre la totalité de l’électricité produite et bénéficier du soutien de l’État via l’appel d’offres CRE ;
- autoconsommer l’électricité sur site pour réduire leur facture énergétique, sans pouvoir accéder à ce dispositif.
Cette frontière vient de disparaître.
Avec la 12e période de l’appel d’offres CRE dédié au solaire sur bâtiment, l’État autorise désormais les projets en autoconsommation individuelle ou collective à bénéficier du mécanisme de soutien public. Une évolution majeure pour les entreprises, les collectivités et les gestionnaires de patrimoine immobilier : il devient possible de combiner économies immédiates sur la facture d’électricité et revenus sécurisés sur 20 ans pour l’énergie injectée sur le réseau.
Qu’est-ce qu’un appel d’offres CRE Bâtiment ?
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) organise régulièrement des appels d’offres pour soutenir le développement des installations photovoltaïques de grande puissance.
Le principe est le suivant :
- Les porteurs de projet déposent une offre avec un prix de référence.
- Les projets les plus compétitifs sont sélectionnés.
- Les lauréats bénéficient d’un contrat de complément de rémunération sur 20 ans.
Ce mécanisme permet de sécuriser les revenus issus de la production d’électricité et d’améliorer la visibilité économique du projet.
L’appel d’offres « solaire sur bâtiment » concerne principalement les installations photovoltaïques :
- sur toitures
- sur ombrières de parking
- sur serres ou sur hangars
Il s’adresse aux projets de puissance supérieure à 500 kWc, soit typiquement :
- les entrepôts logistiques
- les sites industriels
- les centres commerciaux
- les hôpitaux
- les bâtiments publics

Lancement de la 12e période d’appel d’offres CRE photovoltaïque
Jusqu’à la 11e période, les projets lauréats devaient injecter la totalité de leur production sur le réseau public.
Autrement dit :
- aucune autoconsommation n’était possible
- l’ensemble de l’électricité était valorisé via le contrat CRE
À partir de la 12e période soit le 24 avril 2026 à 14h (la période de candidature aura lieu du 13 au 24 avril 2026 à 14h), les projets peuvent désormais :
- consommer directement une partie de l’électricité produite
- injecter uniquement le surplus
- bénéficier du soutien public sur cette part injectée
Avant la 12e période : vente totale obligatoire
Toute la production était vendue au réseau.
à partir du 24 avril : autoconsommation + complément de rémunération
Une partie de l’énergie est consommée sur site, le surplus est valorisé via le contrat CRE
Changement dans les appels d’offres CRE photovoltaïque
Cette modification peut sembler technique. En réalité, elle change profondément le modèle économique des projets photovoltaïques de grande puissance.
Jusqu’à présent, une entreprise devait arbitrer entre :
- maximiser les économies sur sa facture
- ou sécuriser des revenus via un contrat de soutien public
Désormais, les deux leviers peuvent être combinés.
Cela permet :
- d’améliorer la rentabilité du projet
- de réduire l’exposition à la volatilité des prix de l’électricité
- de sécuriser une partie des revenus sur le long terme
- d’optimiser l’utilisation des surfaces disponibles
Comment fonctionne le nouveau modèle économique ?
Le fonctionnement est simple.
- L’installation produit de l’électricité
Les panneaux photovoltaïques produisent en priorité pendant la journée. - Le site consomme directement une partie de cette production
Cette énergie n’est pas achetée au fournisseur d’électricité. Chaque kilowattheure autoconsommé génère donc une économie immédiate - Le surplus est injecté sur le réseau
Lorsque la production dépasse les besoins instantanés du site, l’électricité excédentaire est vendue. - Le contrat CRE sécurise la rémunération du surplus
Le complément de rémunération garantit un niveau de revenu sur la part injectée pendant 20 ans.
Un exemple concret
Prenons une centrale photovoltaïque de 1 MWc installée sur une toiture industrielle.
Les hypothèses :
- production annuelle : 1 100 MWh
- taux d’autoconsommation : 60 %
- surplus injecté : 40 %
Valeur créée
- 660 MWh autoconsommés → réduction de la facture d’électricité
- 440 MWh injectés → revenus sécurisés via le contrat CRE
Le projet bénéficie ainsi de deux sources de valeur complémentaires.
Quels sites sont les plus adaptés ?
Ce nouveau dispositif est particulièrement pertinent pour les sites qui combinent de grandes surfaces disponibles et une consommation électrique significative en journée.
- Sites industriels : les procédés continus offrent souvent un excellent taux d’autoconsommation.
- Entrepôts logistiques : grandes toitures et besoins électriques réguliers.
- Centres commerciaux : consommations diurnes importantes (éclairage, ventilation, froid).
- Hôpitaux et établissements de santé : charge électrique stable toute l’année.
- Campus et bâtiments publics : patrimoine immobilier important et recherche d’économies budgétaires.
- Ombrières de parking : production locale et valorisation d’espaces déjà artificialisés.
Appel d’offres CRE photovoltaïque : l’autoconsommation collective également concernée
La nouveauté ne se limite pas à l’autoconsommation individuelle. Les projets en autoconsommation collective peuvent également candidater.
Ce modèle permet de partager la production entre plusieurs consommateurs situés à proximité :
- entreprises voisines
- bâtiments d’un même site
- collectivités
- copropriétés tertiaires
Il ouvre la voie à des montages plus flexibles et à une meilleure valorisation de l’électricité produite.
Appel d’offres CRE photovoltaïque : Pourquoi l’État fait évoluer les règles
Cette évolution s’inscrit dans une logique de politique énergétique cohérente. Elle permet de :
- rapprocher les lieux de production et de consommation
- limiter les injections sur le réseau
- réduire les besoins de renforcement des infrastructures
- accélérer la décarbonation des entreprises
- optimiser l’usage des surfaces déjà construites
L’État reconnaît ainsi que l’autoconsommation est devenue un levier central du développement du photovoltaïque.
Comparaison des modèles de valorisation
| Modèle | Économies sur facture | Revenus sécurisés | Complexité |
| Vente totale | Non | Oui | Faible |
| Autoconsommation sans soutien | Oui | Non | Faible |
| Autoconsommation + soutien CRE | Oui | Oui | Modéré |
Un signal fort pour les entreprises
Cette évolution réglementaire confirme une tendance de fond : le photovoltaïque n’est plus seulement un outil de production d’électricité, mais un levier stratégique de compétitivité.
Les entreprises peuvent désormais :
- réduire durablement leurs coûts énergétiques
- sécuriser des revenus sur le long terme
- valoriser leur patrimoine immobilier
- renforcer leur trajectoire de décarbonation
Votre site est-il éligible ?
Chaque projet dépend de nombreux paramètres :
- surface disponible
- profil de consommation
- conditions de raccordement
- stratégie de valorisation
- compétitivité de l’offre
Nos équipes réalisent une analyse technico-économique complète pour déterminer le montage le plus pertinent et maximiser la rentabilité de votre installation photovoltaïque.
Vous disposez d’une toiture, d’un parking ou d’un site industriel ?
Nous étudions votre potentiel solaire, votre taux d’autoconsommation et votre éligibilité aux appels d’offres CRE.